The Office

Édition 2011
Programmateurs invités
  • Michel Hazanavicius en terrain ami
De Ricky Gervais & Stephen Merchant
2001, 3x30', Grande-Bretagne
VOSTF

Avec Ricky Gervais, Martin Freeman, Mackenzie Crook

Synopsis

La vie de bureau d’une petite entreprise de papeterie, dirigée par David Brent, «le pire patron du monde». Un lieu propice au mauvais esprit, à la drague et à l’échec personnel.

The Office a été une révélation, comme l’avait été auparavant Seinfeld, grâce auquel j’ai pu connaître la culture américaine du stand-up. De telles révélations se produisent souvent pendant l’enfance, mais elles se font de plus en plus rares lorsqu’on devient adulte. On a alors l’impression qu’une porte s’ouvre soudainement, donnant accès à un univers neuf. C’est ce que m’a fait vivre The Office, qui est véritablement l’oeuvre de deux créateurs, Ricky Gervais et Stephen Merchant. Ils ont inventé le comique qui ne fait pas rire : ce qui est dit ou fait est tellement drôle que l’on ne rit plus, car c’est aussi très cruel et très triste. Je me suis inspiré d’eux, de leur personnage d’homme qui n’est pas drôle mais qui croit l’être. Dans La Nuit au musée, ou dans Extras, Ricky Gervais joue de façon assez classique, mais dans The Office, il va audelà : il a su créer un personnage cohérent qu’il maîtrise à la perfection. David Brent est son double, son Mister Hyde, une incarnation presque métaphysique. J’ai entendu dire que la version américaine était formidable, mais je ne peux pas croire qu’elle soit meilleure, car Ricky Gervais possède une grâce absolue. De façon générale, tous les acteurs de The Office sont excellents car ils ont la science de l’agonie : ce n’est pas la blague qui est drôle mais ce qui vient après. La blague ne sert qu’à déclencher l’action suivante. Je regarde peu les séries télévisées car je supporte mal le comportement addictif qu’elles entraînent, mais certaines sont extraordinaires : Les Soprano est pour moi la rencontre entre le cinéma et Dostoïevski. Les séries peuvent aller plus loin dans l’exploration de l’âme humaine qu’aucun film ne le fera jamais. Au cinéma, les personnages existent à travers les événements qu’ils traversent, ce sont les événements qui définissent les caractères, alors que le format série permet d’étudier vraiment les personnages, en dehors des événements qui les définissent. Je n’ai jamais réalisé de série, même si j’ai beaucoup travaillé pour la télévision. J’aimais le côté éphémère de ce type de travail : l’idée que vous avez le mardi passe à l’écran le jeudi et le vendredi tout le monde l’a oubliée. Je tournerais volontiers une série, le format est très attrayant. Mais comme je commence tout juste à me sentir à l’aise au cinéma, je crois que pour le moment je vais essayer de persévérer de ce côté.

Édition 2011
Programmateurs invités
  • Michel Hazanavicius en terrain ami
De Ricky Gervais & Stephen Merchant, 2001, 3x30'
Grande-Bretagne VOSTF

Avec Ricky Gervais, Martin Freeman, Mackenzie Crook

Images et bande-annonce