Victor Victoria
Avec Julie Andrews, Robert Preston, James Garner
Synopsis
Victoria, à la superbe voix d’opéra, ne trouve pas d’emploi. Jusqu’au jour où elle se transforme en Victor, comte polonais.
De façon générale, cette sélection est marquée par une forte liberté de ton. Dans Victor Victoria, Blake Edwards maîtrise parfaitement le scénario comique classique et les quiproquos propres au film de travestissement, mais il intègre également d’autres éléments, qui lui permettent de porter un regard assez cruel sur ce dont il traite. Edwards est un auteur majeur de la comédie, mais il a aussi brillé dans d’autres genres, réalisant par exemple Le Jour du vin et des roses, un excellent drame sur l’alcoolisme. Les cinéastes de comédie qui signent aussi des mélodrames réalisent des comédies plus profondes que ceux qui ne font que de la comédie, car ces derniers finissent par être esclaves de certains mécanismes, je crois. La Panthère rose est une machine à gags, ce qui n’est pas le cas de Victor Victoria. Je suis de plus en plus impressionné par les films qui mélangent les genres, se promènent d’un univers à l’autre. Dans The Host par exemple, Bong Joon-ho passe du comique au lyrique en toute liberté. J’aime les cinéastes qui font assez confiance au spectateur pour le surprendre. Mon dernier film, The Artist, n’est pas une comédie, même si l’on y trouve des éléments comiques, car j’ai peut-être eu peur d’aller trop loin dans le mélodrame. J’aime beaucoup l’idée d’aller vers un rire plus méchant, plus dur, vers davantage de mélodrame.
